13 septembre 1958 : Ruben Um Nyobè tombe sous les balles de l’armée coloniale française

Lui était jusque là secrétaire de général de l´Union des populations de Cameroun (UPC), Ruben Um Nyobé est assassiné dans le maquis du pays Bassa.

En effet, comme l’affirme Jean Eric Sende : « il fut abattu par l’armée française le 13 septembre 1958 dans la forêt où il se cachait, après que les troupes coloniales françaises l’eurent localisé, grâce à des indiscrétions de quelques « ralliés ». Après de longs mois de traque infernale et fort meurtrière contre tous ses partisans, tous tués ou capturés les uns après les autres, son campement fut localisé début septembre 1958 par le capitaine Agostini, officier des renseignements et par M. Conan, inspecteur de la sûreté. Um Nyobe fut tué de plusieurs balles, tombant sur le bord d’un tronc d’arbre qu’il s’efforçait d’enjamber ; c’était près de son village natal, Boumnyebel, dans le département du Nyong-et-Kéllé dans une zone occupée par l’ethnie Bassa dont il était par ailleurs natif ».

Et comme si cela ne suffisait pas : « après l’avoir tué, les militaires traînèrent son cadavre dans la boue, jusqu’au village Liyong. Cela le défigura, sa peau, sa tête et son visage étant profondément déchirés. En travestissant à ce point sa dépouille, la force coloniale voulut « détruire l’individualité de son corps et le ramener à la masse informe et méconnaissable », affirme J.-A. Mbembe. C’est dans le même esprit, poursuit-il, qu’« on ne lui accorda qu’une tombe anonyme ». Aucune épitaphe, aucun signalement particulier n’y furent inscrits. Les autorités coloniales le firent enterrer sans cérémonie, immergé dans un bloc massif de béton ».

La mort de ce leader nationaliste camerounais, dans la clandestinité depuis juillet 1955, marque également d’une certaine manière, la chute de l’aile bassa de la lutte pour l’indépendance du Cameroun, dont il était l’un des leaders incontestés.

57 ans après sa mort, les camerounais se souviennent de lui comme étant l’une des figures emblématiques de la lutte pour l’indépendance du Cameroun.

Un homme au parcours exceptionnel qui sera élevé au rang de héros national à la faveur d’une loi votée par l’Assemblée nationale camerounaise en Juin 1991.

Ruben Um Nyobè ©www.peuplesawa.com
Ruben Um Nyobè
©www.peuplesawa.com

Sources :

– Sende, J.E. [POINT DE VUE] « De Moulin (France) à Um Nyobé (Cameroun) résistance et indépendance » Echos d’Afrique (Consulté le) 13 septembre 2015. Lien : http://www.echosdafrique.net/index.php?option=com_content&task=view&id=2393&Itemid=9

– Kamguia, E. 57 ans après son assassinat : Um Nyobe toujours d’actualité. La Nouvelle Expression. 11 septembre 2015. Lien : http://www.lanouvelleexpression.info/index.php?option=com_k2&view=item&id=1997:57-ans-apr%C3%A8s-son-assassinat-um-nyobe-toujours-d%E2%80%99actualit%C3%A9&Itemid=638

Ruben Um Nyobe. Wikipédia (Consulté le) 13 septembre 2015. Lien : https://fr.wikipedia.org/wiki/Ruben_Um_Nyobe

– Menkoue, P. 27 juin 1991 : Ruben Um Nyobè, Félix Roland Moumié, Ernest Ouandié et Ahmadou Ahidjo sont élevés au rang de Héros nationaux. Daily Retro CMR. 27 juin 2015. Lien : https://dailyretrocmr.wordpress.com/2015/06/27/27-juin-1991-ruben-um-nyobe-felix-roland-moumie-ernest-ouandie-et-ahmadou-sont-eleves-au-rang-de-heros-nationaux/

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