04 juin 2004 : début d’une rumeur faisant état de la mort du Président Biya

Telle une traînée de poudre, la rumeur s’était répandue dans tout le pays : « Popol est die » (Paul Biya est mort, en camfranglais). Pendant les 48h (au moins) qui vont suivre, une sorte de psychose collective va s’installer au sein de la population. De Yaoundé à Kolofata, de Bafoussam à Yokadouma et même au-delà, tous les camerounais s’interrogent, même si chacun feint de ne rien savoir.

Mais, d’où a bien pu partir une telle rumeur ?

Selon le journaliste Franck Ndoumbe Diwouta : « C’est précisément vers 10 h du matin que certains messages énigmatiques, par voie de fax, atterrissent au quai d’Orsay. Quelques minutes suffisent pour que le sérail de l’Etat français soit mis au parfum des problèmes de santé de Paul Biya. Les journaux confidentiels de la capitale française s’interrogent, le même jour, sur la crédibilité de l’information venant de Genève, et faisant l’état d’abord d’un coma du président camerounais, et, par la suite, de son décès. Plusieurs agences de presse sont en quête de confirmation d’une information dont on doute quelque peu de la véracité (…).

Dans la nuit du 4 au 5 juin, dès 2 heures du matin, les téléphones sonnent. Chaque proche passe la confidence. Une heure plus tard, Paris est contaminé par la rumeur de la mort de Paul Biya dans une clinique genevoise. Sans plus. Personne ne connaît la suite et les détails de cette nouvelle qui se repand comme une traînée de poudre entre Paris et d’autres villes françaises. Le sujet est inédit. New York, Washington, Montréal, Vancouver et tous les grands autres pôles attractifs de la communauté camerounaise aux Etats Unis et au Canada “ reçoivent le fax ”. Le téléphone arabe faisant le reste.

Le Cameroun, avec quelques personnes seulement informées la veille, est saisi par des milliers de coups de fil nocturne. Une fois dans la rue, la rumeur a presque fait le tour du monde. Seulement, des détails significatifs manquent au puzzle. Par exemple, aucune source précise et crédible n’est identifiée. On dit simplement que Biya est mort à Genève ou à Zurich. (…) Sans être précis sur les circonstances de la “ mort ” du président, la rumeur, souvent déviante, s’accordait tout au moins sur le passage de vie à trépas de Paul Biya dans la confédération helvétique ».

Cependant, toutes les sources ne s’accordaient sur le lieu de ce décès, certaines évoquant Londres et non Genève ou Zurich.

Le genre d’intox dont les camerounais semblent bien familiers, à voir le nombre de personnalités de ce pays déjà annoncées (à tord) mortes par la presse.

Paul Biya, Président de la République du Cameroun.
Paul Biya, Président de la République du Cameroun.

Sources :

– Ndoumbe Diwouta, F. Rumeurs : Les 48 heures qui ont ébranlé la République. La Nouvelle Expression (repris par cameroon-info.net). 7 juin 2004. Lien : http://www.cameroon-info.net/stories/0,14705,@,rumeurs-les-48-heures-qui-ont-ebranle-la-republique.html

Cameroun : Le Président Paul Biya serait mort en Suisse. The African Independant. 06 juin 2004. Lien : http://www.africanindependent.com/Cameroon_biya_mort.html

– Tonga, V. Cameroun : Paul Biya, Laurent Esso, A. Marie Nzié, Garga Haman, Tsala Essomba, Henri Njoh… tués par l’intox. Le Messager (repris par camer.be). Consulté le 04 juin 2015. Lien : http://bit.ly/1dPZ5xJ

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