24 avril 1960 : massacre au quartier Congo à Douala

Il s’agit une fois de plus, de l’une des pages sombres de l’histoire de notre pays, dont l’historien Enoh Meyomesse, nous raconte la genèse dans son ouvrage 1960. Faits marquants au Cameroun : les premiers pas vers l’indépendance :

« Vendredi 22 avril, des combattants de l’Alnk (Armée de Libération Nationale Kamerunaise) assassinent un Haoussa soupçonné de collaboration active avec l’ennemi. Le même jour, l’Alnk blesse un Européen, et brise également les vitres de plusieurs magasins de Français, dont « La Frégate », la boucherie « Dussault », les « Champs Elysées », la « Belle France ». L’assassinat de l’Haoussa est très mal perçu par les membres de cette communauté, qui crient vengeance. De leur côté aussi, les Français sont très en colère, face aux attaques dont ils viennent d’être l’objet. Les nouvelles autorités camerounaises soupçonnent, depuis un moment, le quartier Congo d’être le repère des combattants de l’Alnk à Douala.

Dimanche 24 avril, une bagarre se déclenche en début d’après midi entre Bamiléké et Haoussa au quartier New- Bell, non loin du quartier Congo. Subitement, autour de 14-15 heures, ce dernier s’embrase, le feu prend simultanément à plusieurs endroits. Le quartier Congo est habité en majorité par les Bamiléké. Au moment où le feu prend, curieusement, l’armée, arme au poing, tout comme les Haoussa, a déjà entièrement bouclé le quartier,. On assiste alors à des scènes d’apocalypse. Les personnes, surprises par le feu et qui tentent de s’en échapper, sont abattues, froidement, soit par les militaires, soit par les Haoussa, armés de leurs arcs et de flèches. Lorsque le feu prend fin vers 17 heures, il ne reste plus rien des baraquements de ce quartier, et le nombre de morts par le feu, se dispute avec celui par les balles et par les flèches. Les statistiques officielles font état de 5.000 personnes sans abri. S’il y a eu tant de sans-abri, à combien pourrait s’élever le nombre de morts ? »

Certaines sources feront état de près de 2 000 morts et iront jusqu’à ajouter que, comble de l’horreur, « vers 15h ce jour, un hélicoptère de l’armée française survolait les maisons et jetait de l’essence pour attiser le feu »

Sources :

– Meyomesse, E. 1960. Faits marquants au Cameroun : les premiers pas vers l’indépendance. Editions du Kamerun. Mai 2010. Pages 55 – 58. Disponible à cette adresse : http://www.enohmeyomesse.net/index.php/livres/essais-politiques/2-1960-faits-politiques-oublies

– Seumo, H. Cameroun : Déjà 50 ans comme des Camerounais furent massacrés au quartier Congo à Douala par l’armée française. Prisma Canal International. 24 avril 2009. Lien : http://prisma.canalblog.com/archives/2009/04/24/17677196.html

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