06 avril 1984 : tentative de coup d’Etat contre le Président Paul Biya

C’est le genre d’Histoire rocambolesque que l’on imagine difficilement se produire dans notre pays. Et pourtant, dans la nuit du 05 au 06 avril 1984, le Cameroun a vécu l’une des pages les plus tristes de son histoire : une tentative de coup d’État menée par une fraction minoritaire de la garde républicaine.

Comme le relate Ingrid A. Ngounou :

« Les mutins envahissent le siège de la radio nationale, le personnel est brutalisé, prié de se mettre à plat ventre, le célèbre animateur Hyppolite Nkengué, et autre Jean Vincent Tchiénéhom en font partie. Le technicien du jour Gabriel Ebili, est saisi et brutalisé par les mutins qui lui intiment l’ordre de faire passer leur discours aux antennes. Ils l’amènent au CDM (le Centre de Modulation de Fréquence), le cœur de la radio en quelque sorte car c’est par là que partent et arrivent toutes les communications de la radio nationale en direction de toutes les provinces ou région du Cameroun. Erreur des putschistes, ils ne savent pas que le technicien n’a pas véritablement mis en marche le CDM, conséquence, leur message n’est écouté qu’à Yaoundé. L’un des membres de ce groupe d’officiers, le Sous- Lieutenant de réserve YAYA ADOUM va alors lire le message du mouvement J’OSE sur les antennes de la radio nationale (…)

Pendant ce temps, les forces restées fidèles au président Paul Biya, dont la plupart n’avaient pas écouté le message des rebelles, organisent la riposte et viennent en renfort à Yaoundé. Le président Biya dans son adresse à la nation relativise la portée des accusations en indiquant que, « la responsabilité du coup d’Etat manqué est celle d’une minorité d’ambitieux assoiffés de pouvoir et non celle de telle ou telle province, encore moins celle des Camerounais de telle ou telle religion…  » Mais la suite des évènements est aux antipodes du discours présidentiel. »

En effet, comme l’avait affirmé l’ancien ministre Dakolé Daissala : « les longues journées et nuits des 6, 7, 8 avril 1984 et les sombres jours qui les suivirent, connurent effectivement une vague d’arrestations indiscriminées d’originaires du Nord-Cameroun, et d’autres Sahéliens pour délit de faciès ». 

Le président Paul Biya
Le président Paul Biya

Des arrestations qui seront même suivies d’exécution dans certains cas, comme l’affirme Ingrid A. Ngounou : « Trente deux officiers sont exécutés à Mbalmayo le 1er mai 1984, puis 15 autres seront exécutés à Mfou près de Yaoundé, le 09 mai 1984, 05 autres sont exécutés à Yaoundé. Une vingtaine trouveront la mort, des disparitions seront aussi enregistrées ».

Une histoire triste que les camerounais s’efforcent malgré tout d’oublier.

Sources :

– Ngounou, I. A. Cameroun : Coup d’état manqué du 06 avril1984, rappel des faits. Journal Du Cameroun. 06 avril 2011. Lien : http://www.journalducameroun.com/article.php?aid=8555

– Daissala, D. Coup d’Etat Manqué : Les héros du 6 avril 1984. Le Messager (repris par le site CameroonInfo.net). 05 avril 2014. Lien : http://www.cameroon-info.net/stories/0,14458,@,coup-d-etat-manque-les-heros-du-6-avril-1984.html

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