8 février 1915 : échos d’une journée de guerre au Cameroun

On le sait tous, la première guerre mondiale (1914-1918), n’a pas épargné le Cameroun. Loin de là. Elle marquera d’ailleurs un tournant décisif dans notre histoire, dans la mesure où, elle permit aux troupes alliées (constituées entre autre de la France et de la Grande Bretagne) de chasser les allemands du Cameroun. Et on connait tous (ou presque) la suite.

En effet, le lundi 8 février 1915, en pleine guerre, le Journal français Le Matin publiait la lettre d’un officier français en poste au Cameroun. Rédigée le 19 décembre 2014, il y est relaté le quotidien de la guerre, tant celui des « indigènes » combattant aux côtés des troupes allées, que celui des soldats français et allemands au front. Une belle illustration du rôle joué par le Cameroun dans cette guerre, en tant que champ de bataille.

Parade des troupes près d'Ambam
Parade des troupes près d’Ambam

Le contenu de cette mettre est le suivant :

                Kribi, 19 décembre 1914.

                Nous avons journellement de petits engagements de patrouilles ou de reconnaissances.
Le commandement essaie d’employer les indigènes du pays comme partisans, en les armant de fusils pris aux Allemands. Nous en avons qui ont déjà rendu de bons services. Ils connaissaent tous les sentiers de la forêt et marchent avec ardeur.
Depuis le 26 novembre, il ne s’est pas passé un jour sans coups de feu, et la nuit est souvent troublées par des patrouilles qui viennent sur la lisière de la forêt nous envoyer leurs projectiles. Tous ne s’en retournent pas sur leurs jambes…
Nous ne faisons pas ici la grande guerre, mais, certainement, le petit nombre d’Européens qui combattent au Cameroun depuis le 27 septembre, ont éprouvé des misère d’un autre genre, mais aussi fortes que celles endurées par leurs camarades qui se battent en France.
Il n’est pas rare de voir un sergent, avec 40° de fièvre, commander ses tirailleurs dans la tranchée. Un sergent fait prisonnier au cours d’une reconnaissance, qui était tombé évanoui de fatigue dans un trou sans que ses tirailleurs l’aient vu, a réussi à de débarasser de deux tirailleurs allemands armés préposés à sa garde. Il est rentré deux jours après, sain et sauf, alors que tout le monde le croyait mort. Les vingt tirailleurs qui se trouvaient avec lui ont chargé trois fois à la baïonnette : la première fois, ils ont tué neuf tirailleurs allemands, la seconde fois quatre, et la troisième il faisait si noir qu’il leur a été impossible de se rendre compte du travail fait. Ils ont cherché ensuite leur sergent pendant deux heures et finalement sont rentrés avec leurs six blessés.
Nous ne pouvons pas, comme dans la grande guerre, faire des centaines de prisonniers d’un coup, mais nous comptons également de beaux actes d’héroïsme.
Les Allemands emploient ici tous les moyens : déguisement des tirailleurs, massacre des habitants, fusils et balles pour chasser l’éléphant, etc. ; malgré tous ces trucs, nous parvenons à les déloger de leurs positions.

Pour aller plus loin :

– Wikipédia. Le Matin (France). (Consulté) le 8 février 2015. Lien : http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Matin_(France)

– Aulas, P. 1915 vu par les journaux français. « La guerre au Cameroun », Le Matin, lundi 8 février 1915. Lien : http://aulas.pierre.free.fr/chr_g15_fev.html

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