23 janvier 2014 : le gouvernement camerounais réaffirme sa position sur l’homosexualité

« Le Cameroun n’est pas un pays homophobe ». C’est du moins ce que voulait faire croire le gouvernement Philémon Yang 2 par la voix de son porte-parole, le ministre de la communication d‘alors, Issa Tchiroma Bakary, qui le jeudi 23 janvier 2014, avait confié la presse nationale (et internationale) pour une conférence de presse sur les supposés acharnements judiciaires dont seraient victimes les homosexuels au Cameroun.

Cette conférence de presse faisait suite à la diffusion, quelques jours plus tôt, par la chaine d’information en continue France 24, d’un documentaire sur la difficulté de vivre en tant qu’homosexuel au Cameroun intitulé : Cameroun : le calvaire des homosexuels.

Dénonçant ainsi ce qu’il qualifiera de « campagne de dénigrement » orchestrée par les médias occidentaux, en l’occurrence France 24 (…) avec le soutien des lobbies internationaux », le ministre de la communication affirmera qu’il « n’existe aucun acharnement judiciaire contre les homosexuels dans notre pays », allant jusqu’à préciser que « de nombreux homosexuels notoirement connus, vivent et circulent en toute liberté au Cameroun sans qu’ils ne soient systématiquement poursuivis devant les cours des tribunaux de la République ». Comme pour dire que le Cameroun est un pays « tolérant ».

Corde humaine des militants associatif à Douala © www.brukmer.be
Corde humaine des militants associatif à Douala
© http://www.brukmer.be

Un débat quelque peu stérile dans la mesure où, l’article 347 bis du code pénal stipule clairement que : « est puni d’un emprisonnement de six (6) mois à cinq (5) ans et d’une amende de vingt (20) mille à deux cents (200 000) mille Francs CFA, toute personne qui a des rapports sexuels avec une personne de son sexe ». Autrement dit, il faudrait être pris en « flagrant délit ». Or jusque là, il ne s’est agi essentiellement que d’arrestations pour délits de faciès ou pour une simple déclaration d’amour, comme cela a été le cas du très médiatisé Roger Mbédé.

Une sortie qui suscitera tout de même de nombreuses réactions, l’homosexualité au Cameroun, étant (avec le football) l’un sujet qui déchaîne le plus de passion, dans ce pays où les citoyens semblent plus préoccupés par la vie privée de leurs concitoyens que par la situation économique catastrophique et l’avenir hypothéqué de sa jeunesse.

Pour aller plus loin :

– France 24. Comment vivre face à la répression (Partie 1) ? Émission du 20 janvier 2014. Lien : http://www.france24.com/fr/20140117-le-debat-cameroun-afrique-homosexualite-crime-repression-peine-de-mort-partie-1/

– F.I. Le Cameroun dit non à l’homosexualité. Le Septentrion (consulté) le 23 janvier 2015. Lien : http://www.leseptentrion.net/le-cameroun-dit-non-a-lhomosexualite/

– Camer.be. Cameroun : Issa Tchiroma Bakary : « il n’existe aucun acharnement judiciaire contre les homosexuels dans notre pays». (Consulté) le 23 janvier 2015. Lien : http://bit.ly/1Cl3W1G

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